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Wegovy transforme votre corps en 6 mois : La vérité sur les effets faciaux
28 janvier 2026Article rédigé par Dre Lucie Duclos, MD, FRCSC
Chirurgienne plasticienne certifiée
Collège des Médecins du Québec
Dernière mise à jour : 23 janvier 2026
Le 18 janvier 2026, La Presse révélait une information surprenante : les médicaments GLP-1 comme Ozempic, Wegovy et Mounjaro pourraient traiter des maladies qui n’ont rien à voir avec le diabète ou l’obésité1. Des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) étudient leur potentiel contre la fibrillation auriculaire, tandis que d’autres équipes explorent leur efficacité dans les dépendances, la dépression et même les maladies neurodégénératives comme l’Alzheimer.
Pour les Canadiens, cette nouvelle arrive à un moment stratégique : les versions génériques d’Ozempic devraient être disponibles d’ici l’été 2026, rendant ces traitements potentiellement plus accessibles. Mais que dit réellement la science sur ces nouvelles applications? Et quelles sont les limites?
Des questions sur Ozempic et ses effets?
Dre Duclos, chirurgienne plasticienne · 514-252-0912
Maladies cardiovasculaires : une protection même sans diabète
La découverte la plus solide concerne les maladies cardiovasculaires. En novembre 2023, l’essai clinique SELECT a bouleversé la communauté médicale en démontrant que le sémaglutide (Ozempic/Wegovy) réduit de 20% le risque d’événements cardiovasculaires majeurs — même chez les personnes sans diabète2.
L’essai SELECT : 17 604 patients sur 40 mois
Cette étude internationale, publiée dans le New England Journal of Medicine, a suivi 17 604 adultes âgés de 45 ans et plus présentant un surpoids ou une obésité (IMC ≥27 kg/m²) et des antécédents de maladies cardiovasculaires, mais sans diabète2,3. Les résultats furent sans équivoque :
- 6,5% des patients sous sémaglutide ont subi un événement cardiovasculaire majeur (décès cardiovasculaire, infarctus non mortel ou AVC non mortel)
- 8,0% dans le groupe placebo
- Réduction du risque : 20% (hazard ratio 0,80; intervalle de confiance 95% : 0,72-0,90; p<0,001)2
« Même les patients ayant un poids normal mais des antécédents cardiovasculaires semblent bénéficier de ces médicaments », explique le Dr Atul Verma, directeur de la cardiologie au CUSM, interrogé par La Presse1. « Ils semblent avoir des effets cardiovasculaires bénéfiques indépendants de l’obésité. »
Des mécanismes au-delà de la simple perte de poids
Ce qui intrigue les chercheurs, c’est que ces bénéfices cardiovasculaires ne dépendent pas uniquement de la perte de poids. Une analyse approfondie publiée dans The Lancet en octobre 2025 a confirmé que les effets cardioprotecteurs du sémaglutide sont largement indépendants de la réduction de l’adiposité et du tour de taille4.
Les mécanismes proposés incluent5,6 :
- Réduction de l’inflammation systémique : baisse de 30% de la protéine C-réactive (CRP)
- Amélioration de la fonction endothéliale des vaisseaux sanguins
- Stabilisation des plaques d’athérome
- Effets directs sur le muscle cardiaque
Fibrillation auriculaire : une piste québécoise
Au Québec, le Dr Atul Verma et son collègue le Dr Abhinav Sharma travaillent actuellement sur une étude visant à déterminer si les agonistes du GLP-1 peuvent réduire le risque de fibrillation auriculaire, un trouble du rythme cardiaque qui touche environ 350 000 Canadiens1. Les résultats sont attendus en 2026-2027.
Dépendances : de l’alcool au tabac
L’une des découvertes les plus surprenantes concerne le traitement des troubles liés à l’usage de substances, particulièrement l’alcool.
L’alcoolisme : des résultats prometteurs
En avril 2025, une étude randomisée contrôlée publiée dans JAMA Psychiatry a testé le sémaglutide chez 48 adultes non traités souffrant de trouble lié à l’usage d’alcool (TUA)7. Les patients ont reçu des doses hebdomadaires de sémaglutide (0,25 mg pendant 4 semaines, 0,5 mg pendant 4 semaines, puis 1,0 mg pendant 1 semaine) ou un placebo.
Résultats significatifs :
- Réduction de la consommation d’alcool lors d’une procédure d’auto-administration en laboratoire
- Diminution des envies d’alcool (cravings) de manière significative (p=0,01)
- Réduction du nombre de verres par jour de consommation (p=0,04)
- Diminution de la consommation de cigarettes chez les fumeurs participants7
Données à grande échelle : registre suédois
Une étude de cohorte massive menée en Suède et publiée dans JAMA Psychiatry en novembre 2024 a suivi 227 866 personnes diagnostiquées avec un trouble lié à l’usage d’alcool sur une période médiane de 8,8 ans8. Les résultats sont impressionnants :
- Sémaglutide : 64% de réduction du risque d’hospitalisation liée à l’alcool (HR ajusté 0,64; IC 95% : 0,50-0,83)
- Liraglutide : 72% de réduction (HR ajusté 0,72; IC 95% : 0,57-0,92)
- Tous les troubles liés aux substances : réduction de 32% avec sémaglutide (HR 0,68; IC 95% : 0,54-0,85)8
« Il y a des études en cours pour vérifier leur effet sur les dépendances et même la dépression et les maladies bipolaires », confirme le Dr Simon Ducharme, chercheur cité dans l’article de La Presse1. « On y songe aussi pour les troubles de l’humeur, mais c’est un peu plus une partie de pêche. »
Mécanismes : le système de récompense
Comment un médicament pour le diabète peut-il réduire les dépendances? Les récepteurs GLP-1 sont présents dans plusieurs régions cérébrales impliquées dans le circuit de récompense, notamment le système mésolimbique dopaminergique9,10.
Les agonistes du GLP-1 sembleraient :
- Moduler la libération de dopamine dans le noyau accumbens
- Réduire la réponse aux récompenses liées aux substances
- Modifier la neurotransmission GABA dans les circuits de dépendance
- Diminuer l’inflammation neuronale associée à l’addiction9,11,12
Au-delà de l’alcool : tabac, opioïdes, cannabis
Des études préliminaires suggèrent que les GLP-1 pourraient également aider dans d’autres dépendances13,14 :
- Tabac : réduction observée dans plusieurs études
- Opioïdes : essais cliniques en cours aux États-Unis
- Cannabis : données de registre montrant réduction de l’incidence et de la rechute15
Maladies neurodégénératives : espoirs et déceptions
Alzheimer : données contradictoires
Le dossier des maladies neurodégénératives est complexe. D’un côté, des données observationnelles massives suggèrent un effet protecteur. De l’autre, les essais cliniques randomisés n’ont pas confirmé d’effet thérapeutique une fois la maladie installée.
Prévention : résultats observationnels encourageants
Une étude majeure publiée en octobre 2024 dans Alzheimer’s & Dementia a analysé les dossiers médicaux électroniques de centaines de milliers de patients diabétiques américains16. Les résultats montrent que le sémaglutide était associé à :
- 40 à 70% de réduction du risque de premier diagnostic d’Alzheimer
- Performance supérieure aux autres médicaments antidiabétiques, y compris les autres agonistes du GLP-1
- Bénéfices observés indépendamment du statut d’obésité, du sexe et de l’âge16
Une méta-analyse de plusieurs registres danois et d’essais cliniques a montré une réduction de 53% du risque de démence chez les patients traités au liraglutide ou sémaglutide comparé au placebo17.
Traitement : les essais EVOKE déçoivent
Cependant, en décembre 2025, les résultats très attendus des essais EVOKE et EVOKE+ ont été décevants. Ces deux études de phase 3, les plus grandes jamais menées avec un GLP-1 dans une maladie neurodégénérative (3 808 participants sur 2 ans), n’ont pas réussi à démontrer que le sémaglutide oral ralentit le déclin cognitif chez les personnes déjà atteintes d’Alzheimer précoce18,19.
Le médicament n’a pas montré d’effet sur le Clinical Dementia Rating-Sum of Boxes (CDR-SB), la mesure principale de cognition et de fonction. Novo Nordisk a annulé l’extension d’un an prévue pour ces études18.
Comment expliquer cette contradiction?
Les experts avancent plusieurs hypothèses20,21 :
- Fenêtre d’intervention : Les GLP-1 pourraient prévenir l’Alzheimer mais ne pas inverser les dommages neurologiques une fois installés
- Pénétration cérébrale limitée : Le sémaglutide ne traverse que faiblement la barrière hémato-encéphalique (0,4% du taux plasmatique dans le liquide céphalorachidien)22
- Effets périphériques : La réduction de l’inflammation systémique et l’amélioration métabolique pourraient prévenir la démence sans agir directement sur le cerveau23
« Arrêter un processus neurodégénératif après qu’il ait commencé est une toute autre histoire », commente Daniel Drucker, endocrinologue et expert des GLP-1 à l’Université de Toronto, dans Science24. « Ces médicaments pourraient être excellent pour la prévention, mais moins pour le traitement. »
Maladie de Parkinson : des signaux positifs
Pour la maladie de Parkinson, les données sont un peu plus encourageantes. Un essai de phase 2 publié dans le New England Journal of Medicine en avril 2024 a montré que le lixisénatide (un autre GLP-1) réduisait les symptômes moteurs chez les personnes atteintes de Parkinson précoce25.
Le mécanisme proposé implique la réduction de la neuroinflammation et la protection des neurones dopaminergiques26.
Santé mentale : dépression et troubles bipolaires
Le rôle des GLP-1 dans la santé mentale reste le plus incertain et controversé.
Dépression : des signaux contradictoires
Une analyse de 4 millions de dossiers patients publiée par Epic Research en 2024 a montré que le sémaglutide était associé à des réductions de la prévalence des diagnostics d’anxiété et de dépression27.
Cependant, une étude de pharmacovigilance publiée en juin 2025 dans Science Direct a identifié des signaux de risque accru chez certains patients28 :
- Troubles de l’humeur dépressive : OR ajusté 1,70 (IC 95% : 1,57-1,84) avec sémaglutide
- Idées suicidaires : OR ajusté 1,45 (IC 95% : 1,29-1,63)
- Anxiété : OR ajusté 1,26 (IC 95% : 1,18-1,35)28
Ces signaux étaient absents avant juin 2021 (approbation du sémaglutide pour l’obésité), suggérant un risque potentiel spécifique aux personnes obèses plutôt qu’aux diabétiques28.
Troubles bipolaires : recherche préliminaire
Une étude pilote publiée dans Molecular Psychiatry en septembre 2025 suggère que les GLP-1 pourraient avoir un rôle adjuvant dans le traitement du trouble bipolaire, particulièrement chez les patients avec des vulnérabilités métaboliques ou cognitives29.
Une étude ouverte de 4 semaines chez 19 personnes souffrant de dépression majeure ou de trouble bipolaire a montré que le liraglutide améliorait certains tests cognitifs et augmentait le volume fronto-striatal30.
Toutefois, plusieurs cas cliniques rapportent l’apparition ou la rechute de symptômes dépressifs sous sémaglutide, qui se sont résolus à l’arrêt du traitement31,32.
Recommandations prudentes
Face à ces données contradictoires, les experts recommandent33 :
- Surveillance psychiatrique chez les patients avec antécédents de dépression ou de troubles anxieux
- Éviter chez les patients avec troubles alimentaires actuels
- Évaluation individualisée du rapport bénéfice-risque
Ce que cela signifie pour les Canadiens en 2026
Alors que les génériques d’Ozempic arrivent au Canada en 2026 avec une réduction de prix jusqu’à 35%34, ces nouvelles indications potentielles soulèvent des questions importantes :
Utilisations hors indication
Au Canada, le sémaglutide (Ozempic) est actuellement approuvé pour :
- Le diabète de type 2 (Ozempic)
- La gestion du poids (Wegovy)
Toute utilisation pour les maladies cardiovasculaires, les dépendances, l’Alzheimer ou les troubles psychiatriques constitue une utilisation hors indication qui doit être discutée avec un médecin.
Recherches canadiennes en cours
Plusieurs études canadiennes sont actuellement en cours1 :
- CUSM (Montréal) : fibrillation auriculaire
- Université de Toronto : mécanismes neuroprotecteurs
- Collaboration internationale : essais sur l’alcoolisme
Prudence et supervision médicale
Le Dr Simon Ducharme, cité dans La Presse, souligne un risque important1 : « La perte de poids pourrait faire retomber [certains patients] dans le cercle vicieux de la compulsion alimentaire », notamment ceux ayant des antécédents de troubles alimentaires.
De plus, pour les personnes âgées ou fragiles, la perte de masse musculaire associée aux GLP-1 pourrait être préoccupante, particulièrement dans le contexte de la démence où les patients sont souvent déjà frêles1,35.
Questions fréquentes
Ozempic est-il approuvé pour traiter l’alcoolisme au Canada?
Non. Bien que les études soient prometteuses, le sémaglutide n’est pas approuvé par Santé Canada pour traiter les troubles liés à l’usage d’alcool. Des essais cliniques de phase 3 sont nécessaires.
Le sémaglutide peut-il prévenir l’Alzheimer?
Les données observationnelles suggèrent un effet protecteur (réduction de 40-70% du risque), mais les essais cliniques EVOKE/EVOKE+ n’ont pas démontré d’efficacité pour ralentir la maladie déjà installée. La prévention reste une hypothèse à confirmer par des essais randomisés dédiés.
Les GLP-1 causent-ils la dépression?
Les données sont contradictoires. Certaines études montrent une réduction des symptômes dépressifs, d’autres identifient un risque accru chez les personnes obèses. Une surveillance médicale est recommandée, particulièrement chez les patients avec antécédents psychiatriques.
Quand ces nouvelles indications seront-elles officiellement approuvées?
Impossible à prédire. Pour les maladies cardiovasculaires, Novo Nordisk a déposé des demandes d’extension d’indication aux États-Unis et en Europe dès 2023. Pour les autres indications (dépendances, santé mentale), nous sommes encore au stade de la recherche préliminaire.
Conclusion : une révolution en marche, mais avec prudence
Les médicaments GLP-1 comme Ozempic représentent potentiellement bien plus qu’un simple traitement du diabète et de l’obésité. Les preuves scientifiques s’accumulent pour des applications cardiovasculaires (solidement établies), des dépendances (très prometteuses), et peut-être la prévention de maladies neurodégénératives (à confirmer).
Cependant, la prudence reste de mise. Comme le rappelle le Dr Ducharme, certaines applications relèvent encore de « la partie de pêche »1. Les effets secondaires psychiatriques possibles, la perte musculaire, et le coût biologique à long terme nécessitent une évaluation médicale rigoureuse.
Si vous envisagez un traitement par GLP-1 pour une indication hors étiquette, consultez un médecin spécialisé. Au Québec, la Dre Lucie Duclos, chirurgienne plastique à Montréal, peut vous orienter vers les bonnes ressources médicales et discuter des implications esthétiques potentielles comme le visage Ozempic
L’arrivée des génériques en 2026 rendra ces médicaments plus accessibles, mais n’oublions jamais que tout traitement médical comporte des risques qui doivent être soupesés avec soin.
Des questions sur Ozempic et ses effets esthétiques?
Consultez une experte en chirurgie plastique à Montréal pour une évaluation personnalisée
Dre Lucie Duclos, MD, FRCSC
Chirurgienne plasticienne certifiée | Collège des Médecins du Québec
📞 514-252-0912 | 📍 Montréal, Québec
Références scientifiques
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Note médicale importante : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Les informations présentées sont basées sur des recherches scientifiques en cours qui n’ont pas toutes été validées par des essais cliniques randomisés. Consultez toujours un professionnel de la santé qualifié avant de commencer, arrêter ou modifier un traitement médical. L’utilisation d’Ozempic ou d’autres agonistes du GLP-1 pour des indications non approuvées par Santé Canada constitue une utilisation hors indication qui doit être discutée avec votre médecin.




