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27 janvier 2025Le terme « Ozempic face » est devenu un mot à la mode ces dernières années, notamment depuis que l’utilisation du médicament Ozempic — nom de marque du semaglutide — a explosé. Initialement conçu pour traiter le diabète de type 2, Ozempic a attiré une attention considérable pour son usage hors indication comme aide à la perte de poids. Ce médicament, administré par injections hebdomadaires, imite une hormone appelée GLP-1 (peptide-1 de type glucagon), qui régule l’appétit et ralentit la digestion. Résultat ? Une perte de poids significative pour de nombreux utilisateurs, souvent en un temps relativement court. Mais cette transformation rapide s’accompagne d’un effet secondaire inattendu qui a capté l’attention du public : une apparence faciale creusée et amaigrie, surnommée « Ozempic face ». Ce phénomène a suscité des débats sur le vieillissement, les standards de beauté et le rôle croissant des interventions esthétiques comme les injections d’acide hyaluronique pour y remédier.
Que signifie le terme « Ozempic face » exactement ?
« Ozempic face » désigne les changements faciaux qui peuvent survenir lorsqu’une personne perd beaucoup de poids rapidement, que ce soit avec Ozempic ou par d’autres moyens. La graisse sous la peau, en particulier au niveau du visage, donne du volume et des contours juvéniles. Quand cette graisse disparaît rapidement, la peau n’a pas toujours le temps de s’adapter, ce qui entraîne un relâchement, des joues creuses, des rides plus marquées et une apparence généralement plus âgée. Pour les utilisateurs d’Ozempic, cet effet peut être particulièrement prononcé, car le mécanisme du médicament cible la réduction globale de la graisse sans distinction entre le corps et le visage. Dre Duclos a constaté une augmentation des patients cherchant des solutions à cette conséquence imprévue, souvent dans la trentaine, la quarantaine ou la cinquantaine — des âges où le collagène naturel et l’élasticité commencent à diminuer.
Entre rêve et réalité: un corps de rêve pour un visage émacié
Ce n’est pas un concept nouveau lié uniquement à Ozempic. Une perte de poids rapide due à un régime extrême ou une maladie est connue depuis longtemps pour altérer la structure faciale.
Ce qui diffère aujourd’hui, c’est l’ampleur et la visibilité du phénomène. Les célébrités et influenceurs qui parlent ouvertement de leur utilisation d’Ozempic — ou de son cousin Wegovy — ont propulsé « Ozempic face » sous les projecteurs. Les réseaux sociaux regorgent de photos avant/après, certaines vantant des corps plus minces, d’autres déplorant des visages creusés. L’obsession culturelle pour la minceur, associée à l’accessibilité d’un médicament promettant des résultats rapides, a créé une tempête parfaite : les gens atteignent le corps de leurs rêves, pour découvrir que leur visage ne correspond plus à l’idéal.
Les injections d’acides hyaluronique comme solution
C’est là qu’interviennent les fillers esthétiques, la solution privilégiée pour beaucoup de ceux qui subissent « Ozempic face ». Les fillers dermiques, généralement composés d’acide hyaluronique, sont des substances injectables qui restaurent du volume dans des zones comme les joues, le dessous des yeux et la mâchoire. Populaires depuis des années comme moyen non chirurgical de lutter contre le vieillissement, leur utilisation a bondi avec la montée des médicaments pour la perte de poids.
Dre Duclos voit des patients qui se présentent avec des plaintes tel que : « J’adore mon nouveau corps, mais mon visage semble fatigué » ou « J’ai perdu du poids, mais maintenant je parais dix ans plus vieux ». Les fillers offrent une solution rapide et peu invasive, redonnant du volume à la peau pour imiter la plénitude perdue avec la graisse.
Confirmation scientifique : l’étude Mnajjed & Mims (2025)
Une récente étude publiée en novembre 2025 par Mnajjed et Mims (DOI: 10.1097/GOX.0000000000007282) fournit des données scientifiques solides confirmant le lien entre l’utilisation d’Ozempic et l’augmentation significative de la demande de traitements de comblement facial. Cette étude démontre que l’effet « Ozempic face » n’est pas seulement un phénomène anecdotique, mais un phénomène cliniquement observable affectant une proportion importante des utilisateurs du semaglutide. Les résultats constatent une corrélation directe entre la perte de volume facial rapide induite par le semaglutide et l’augmentation de 40-60% des demandes de fillers à l’acide hyaluronique dans les cabinets de chirurgie esthétique.
L’importance de faire appel à un chirurgien expérimenté
Mais les fillers ne sont pas sans complications. La procédure demande de l’habileté — un injecteur trop zélé peut laisser un aspect gonflé ou figé, tandis qu’un traitement insuffisant risque de ne pas corriger pleinement le creusement. Le chirurgien sera en mesure de déterminer s’il est préférable de faire une chirurgie du visage de type mini lifting avec incisions courtes ou de faire des injections de comblement ou parfois, une combinaison des deux et ce, afin d’optimiser le résultat.
Problème médical ou culturel ?

Personne fictive
L’essor de « Ozempic face » et la frénésie des fillers qui l’accompagne mettent également en lumière les attitudes sociétales envers le vieillissement et la beauté. Perdre du poids est souvent présenté comme un bien universel — plus sain, plus attirant, plus discipliné. Pourtant, quand le visage ne correspond plus aux idéaux de jeunesse, les mêmes personnes qui félicitaient la perte de poids peuvent critiquer l’apparence « vieillie ». Ce double standard a alimenté des débats sur la question de savoir si « Ozempic face » est un problème médical ou culturel. Certains soutiennent que c’est un faible prix à payer pour les bénéfices de la perte de poids, notamment pour ceux souffrant de conditions liées à l’obésité. D’autres y voient une preuve de la vanité débridée, avec des gens poursuivant la minceur au détriment de leurs traits naturels, pour ensuite se tourner vers une autre aiguille pour réparer les dégâts.
Une pression sociétale

Personne fictive
Les femmes, qui subissent une pression disproportionnée pour rester jeunes et minces, constituent une grande partie des utilisateurs d’Ozempic et des clients pour les fillers. Les hommes ne sont pas épargnés — beaucoup ont adopté le médicament et ses conséquences esthétiques — mais le discours autour de « Ozempic face » se concentre souvent sur les femmes qui naviguent sur le fil étroit des standards de beauté. Une femme de 40 ans peut perdre 15 kilos et se sentir triomphante, pour constater devant le miroir ses pommettes trop marquées. Les fillers deviennent alors moins un luxe qu’une mesure corrective, une façon de retrouver le visage que la société attend.
Cependant, tout le monde ne se précipite pas pour recevoir des injections d’acide hyaluronique. Certains adoptent leur nouvelle apparence, voyant cette minceur comme un symbole de leur transformation. D’autres optent pour des solutions moins invasives — routines de soins, exercices faciaux ou même un maquillage astucieux pour simuler le volume perdu.
Conclusion
Le phénomène « Ozempic face » et la vague de fillers qu’il a déclenchée continuent d’évoluer. À mesure que plus de gens expérimentent le semaglutide, les chercheurs étudient ses effets à long terme — pas seulement sur le poids, mais sur la peau et le vieillissement. Comme confirmé par les travaux récents de Mnajjed & Mims (2025), l’interaction entre ces injections — Ozempic dans le corps, fillers dans le visage — offre un aperçu fascinant de la manière dont nous manipulons notre biologie pour répondre à notre souhait de mieux-être. Qu’il s’agisse d’une tendance passagère ou d’un changement durable, « Ozempic face » s’est incontestablement inscrit dans la conversation culturelle, une seringue à la fois.














